Presque un mois que j'ai laissé ce blog en plan, et je m'aperçois que j'ai pas des masses d'infos à rattraper, ce qui fait mal à mon égo de fille occupée. Enfin, quand même.
Previously on ma vie, ou ce à quoi vous auriez virtuellement assisté si je n'avais pas stand-byisé Shoney aussi longtemps, tout de suite sans transition. (ou plutôt si.)
At the very first : Adaptation a lycée.
Je confonds plus les couloirs des sous sols d'SES ni les différents escaliers, ce qui est cool. La grande découverte, c'est que je n'ai plus à subir la foule compacte et puante de tabac pendant les récréations. Un bon vieux rebord de fenêtre dans un couloir du troisième avec un casque sur les oreilles, c'est très bien aussi. Sinon je me suis pas mal familiarisée avec le sol, au grand effroi des gens de ma classe. Mais l'inconvénient quand on joue aux clodos, et tout spécialement à l'heure de pointe, c'est qu'il y a toujours un risque de se recevoir une pièce de 10 centimes de la part d'une âme un peu trop charitable. True story.
A part çaaa, j'ai une carte de fidélité au Panini d'à côté - lieu de squat permanent des étudiants, ce qui prouve que j'apprivoise peu à peu ce petit morceau de quartier. Ca vaut pas le Starbucks, mais ma foi, le Panini Nut' est moins cher qu'au Grec du coin
:) Y a aussi le parc de Choisy tout près, c'est appréciable pour les journées gruyère de l'emploi du temps. Quand on en fait le tour, on se rend compte qu'on est pas si loin de Place d'It' en fait. Ca me laisse l'occase de de traîner à la Fnac de temps en temps, picorer dans un sandwich Pomme de Pain, écouter les chansons d'un album au hasard en attendant de croiser JD dans un rayon. (Ceci est une référence subtile à cette
scène de film, que je vous invite à voir si ce n'est déjà fait.) Mais tout ça, c'est pendant les trous hein bien sûr. A midi, je trace ma race pour faire l'aller retour jusqu'à chez moi pour cause de boycott de la cantine, et ça fait vraiment pas beaucoup de temps pour se poser. But I get used to it.
Pour ce qui est de mes profs, je connais à peu près tous les noms maintenant (eux ne peuvent pas en dire autant) et ai fini d'évaluer mes critères de génialité ou lourdité les concernant. Tout ça pour finalement en arriver à mon Top 3 des profs les plus cools ou tolérables, avec en première place, ma Prof de Français of course ; mais je dirais que c'est la spécialité qui veut ça. Comme je le disais à Annie, j'ai du mal à croire que quelqu'un qui enseigne le Français puisse être profondément mauvais, sec ou sans âme. C'est pas compatible avec les exigences de la matière. (Exception avec ma prof de 6e, spécimen bien particulier dont je laisse le soin à ses futurs élèves d'étudier plus en profondeur.) Pour ce qui est de la deuxième place, j'accorderais l'honneur à mon Prof d'SES : parce que ses cours me captivent étrangement, et il est le seul du bahut à gérer le style costard/Converses. Bon, je crois avoir fanfaronné auprès de suffisamment de gens pour ne pas repréciser qui il est, mais damn, je suis quand même toute chose de taper son nom sur Internet pour regarder les liens qui y sont associés. J'ai l'impression d'être la détentrice du secret de la double vie de Clark Kent. (Et, j'avoue, comme je suis une fayotte, j'ai rejoins son groupe Facebook. )
ENFIN, en troisième place du podium, j'appelle, faute de mieux ma prof d'anglais, qui m'est assez sympathique finalement. Et a surtout été la première au sein du lycée à avoir prononcé mon nom sans l'écorcher.
Allez, fin de l'inventaire. Je suppose que tout le monde bouffe assez de français/éco/anglais et tout le reste pendant la semaine pour ne pas m'entendre rabâcher sur mes propres cours ici, right ?
La véritable info importante, je vous la livre seulement maintenant (je sais, 99% des lecteurs de ce blog - c'est à dire 3 - sont déjà au courant, mais c'est pas une raison pour réprimer mon bonheur) : J'ai une carte imaginaire ! Ou plutôt, j'en aurai une bientôt, et c'est très excitant.
Deux ans que ma génitrice me refuse ce luxe intouchable, et aujourd'hui, ça y est. Formulaire tamponné, courrier envoyé, PLUS RIEN NE ME RESISTE. Dans quelques jours, je serai définitivement libre de toutes contraintes, des "J'peux pas, j'ai pas de tickets..." ou "Wow, superbe ce billet de 10 flambant neuf dans mon porte monnaie, dommage qu'il faille le dépenser pour UNE DIZAINE DE BOUTS DE CARTONS VIOLETS QU'AUCUN CONTROLEUR NE VIENT JAMAIS VERIFIER.
:D" Ouais officiellement les tickets parisiens sont plus violets, mais moi je vis dans le passé, et en plus j'aimais bien...
Et, puisque je suis passée dans un mood euphorique, autant poursuivre tout de suite avec les joyeuses nouvelles : Demain, WEEK END.... ! Ce qui est déjà une great news en soi, je vous l'accorde, mais surtout, c'est LE week end de mon baptême de Festiblog, ce qui me réjouit d'avance.
En fait, le fait d'avoir cours le samedi matin me rend super fébrile à l'idée d'employer mon half week end à quelque chose de décevant. Et si je dis half week end, c'est parce que je considère que le dimanche, ça compte pas hein. Y a que le cinéma d'ouvert, ou à la limite le Video Futur pour me sauver.
Y a 15 jours, y a bien eu la fête de l'Huma : cool et convivial as it should be. Une traversée de la Courneuve sous un soleil qui tape, les doigts croisés, priant pour qu'Aurélien puisse "se serrer son mec". Gemma et son débardeur assorti à ses yeux verts. Les premiers rangs de la Grande Scène, avec la poussière, le jet d'eau, le type au sombrero "Tu veux qu'on se revoit ?" - et que je reverrai jamais, les danses du bassin de Hugo et son pote Bordelais dont j'ai jamais su le nom, "Nous irons vivreuh libreuh dans un pays sauvage...", "I wanna fuck with Madonna, ouhouhou", "- I MAY SAY IT WAS YOUR FAULT... - Nan pas la mienne nan", les rdv manqués devant le stand à capotes. Un retour difficile, certes (prenez environ 600 personnes qui se sont mises en tête de prendre la même navette au même moment, avec comme heure butoire, la très redoutée fermeture des métros, et voyez ce que ça donne), des courbatures partout et la voix cassée, mais j'ai décrété que ça valait le coup. J'aime les journées comme ça dont l'aura positive arrive à déteindre sur plusieurs jours. Ca fait sentir aérien, tanné, revigoré, mais surtout
vivant. (J'ai mal aux lombaires donc j'existe, mon nouveau crédo.)
Et puis après, la semaine recommence, les journées se découpent en Métro (bus 62, en réalité) Boulot (Oh ouiii parlez moi des cellules chlorophylliennes Mme Kadri !) Dodo (insomnie 3 jours de suite, saleté de moustique). Et les tuiles s'enchaînent.
Un MP3 dans la tombe, une montre arrêtée.
(D'ailleurs, INTERLUDE MONTRE, puisque j'aborde le sujet. Suis-je vraiment la seule à voir la dysfonction d'une montre comme la Terre s'arrêtant de tourner ? Mis à part le fait que je suis rongée par le stress si je peux pas jeter un coup d'oeil à ma montre au moins une fois par heure, je me rends compte que j'ai une vision super mystifiée du temps, en fait. Je vois ça comme le grand Intouchable de l'univers ; j'en oublierais presque que c'est l'Humain qui l'a "créé" - ou défini du moins. Honnêtement, lire une heure totalement erronée sur une montre, c'est pas la chose la plus déroutante du monde ? Moi, je me sens comme lâchée dans un espace temps indéfinissable, sans aucun repère.
Après avoir partagé mon désarroi avec ma mère l'autre jour, au bord de la crise de nerfs, j'ai cru rêver lorsqu'elle m'a répondu "Boh, ça fait rien, on va remplacer la pile." UNE PILE. C'est tout. J'ai ressenti ce même sentiment de trahison le jour où j'ai appris que les changements d'heures été/hiver n'avaient jamais été le fruit d'une fantaisie inexpliquée de l'univers - rapport compliqué avec le Soleil, les planètes, les fuseaux horaires, quelque chose comme ça quoi - , mais provenaient tout simplement d'un souci d'économie de l'électricité en 1975, suite auquel l'Elysée déclara : "On a qu'à reculer et avancer d'une heure une fois par an." EUH OUI D'ACCORD, RIEN QUE CA. Et après on parle de l'abus de pouvoir de Sarkozy ??? Malheur à celui qui joue avec le temps, dirait Hermione Granger. And I just couldn't say it betta. FIN DE L'INTERLUDE MA MONTRE.)
BREF, au milieu de tout ce désespoir et ces réflexions profondes (auquel j'ajoute une affreuse brûlure à l'avant bras dimanche dernier qui risque de me laisser une cicatrice à vie), petit pic de satisfaction en fin de semaine : Little Joannette dans son trench beige, à la sortie du lycée. Une lumière dans l'errance obscure de mes journées. (C'est beau hein ? Même après 22h il m'arrive de me sentir poète.)
Je dois dire que si je devais tirer une chose positive de notre dispatchage scolaire, avec Jo-Miléna-Annie, c'est qu'on apprécie encore plus de se voir et on y met un peu plus les formes. Enfin en tout cas, moi oui. J'aime me bringuebaler jusqu'à Corvisart, descendre la rue en cherchant la fille aux Docs England et à la montre à gousset autour du cou, dire bonjour aux gens, m'excuser de pas avoir de cigarettes, traîner au milieu des semi inconnus, reprendre un métro, direction République. Retrouver Miléna et son lycée aux égouts pestilentiels, Tati à la sortie de métro, la police cool sur l'enceinte "Lycée Turgot." Escorter Jo jusqu'à l'école des enfants qu'elle babysitte et manger des Carambars avec elle sur le parvis du MK2. Et surtout, j'aime me connecter le soir, expirer le surplus de ma claustrophobie-lycée qui menaçait de déborder, et les entendre raconter leur journée. Ou raconter la mienne après tout, même si moi, c'est inévitable, je finis par me plaindre.
Parce que, je sais pas si vous vous êtes rendu compte, j'aime bien raconter
:)