La Danette au caramel, c'est bon.

La Danette au caramel, c'est bon.

J'oublie toujours à quel point c'est crevant de s'infliger Châtelet après trois heures de l'après midi, week end ou pas. Cette foule constante, ce rallye interminable entre les magasins, bornes de métros et endroits vides où les gens traînent rien que pour embouteiller le passage, ces INTERPELLATIONS SYSTEMATIQUES LA, toujours cte bande de Lacostes posée près de la fontaine et au sourire crocodilien, "Ben, tu t'es perdue ?" Moi qui pensait qu'H&M en milieu de semaine, c'était un havre de tranquillité.
Et en plus de ça, je sais plus dépenser mon argent. Je me frotte les mains à l'idée d'avoir un 20 dans mon porte monnaie, et au final je cherche plus désespérément que nécessairement comment le dépenser. Trop vite, y en a plus. Et je rentre chez moi -> Heure de pointe sur la ligne 14. (En raison d'un malaise sur la ligne de RER Tul'asdanslecul, les rames en provenance de Châtelet auront 10 à 15 minutes de retard, merci de patienter.) Chienne de vie.

Mauvaise pioche pour aujourd'hui donc ; j'aurais mieux fait de passer mon heure de trou pelotonnée dans mon lit à réréécouter She's got you high.

Sinon, élection des délégués ce matin. J'ai eu un flash back de moi en 4e, fébrile et hésitante alors que ma prof d'histoire-géo me houspillait "MAIS SI, PRESENTEZ VOUS SANDRA, VOUS ALLEZ VOIR CE QUE VOUS ALLEZ VOIR." Ce que j'ai vu, ou plutôt senti passé, c'est un an de souffrance nerveuse surtout. "La parole est aux délégués." ehm oui, C'estpasbonàlacantine. (y) Tout ça pour dire que j'ai de plus en plus l'impression que le traumatisme qu'elle m'a laissé est indélébile... Et je me demande à quoi ça sert de quitter les profs avec soulagement quand ils continuent de vos hanter pour le restant de vos jours ? Je me sens comme marquée au fer rouge, c'est abominable. J'ai commencé l'année en me mettant au défi de prouver que j'étais rien de ce que les profs disaient de moi l'an dernier, et que l'avis objectif de mes nouveaux petits camarades le prouverait. Résultat, au bout d'un mois en cours de français, je manque déjà "d'aménité". Faire la gourde, ne pas comprendre. Non les gens, c'est vous le problème, pas moi.

Le pire, c'est que JE répétais sans arrêt que j'avais hâte de quitter Thomas Mann et d'oublier tous ces visages trop connus, et aujourd'hui c'est moi qui les ressasse sans arrêt. J'imagine leur avis ou commentaire sur tel ou tel événement de ma journée, me demande si je réagirais pareil avec eux. Pendant ce temps là, eux sont occupés à traumatiser une autre génération d'élèves.

Je crois que le temps passe. *soupir désabusé d'une vieille femme lasse devant une campagne de sous vêtements Etam qui ne lui iront plus jamais* Et m'a oubliée en route.

(I'm done with les articles soignés.)

# Posté le jeudi 08 octobre 2009 17:03

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 13:21

Je suis le sentiment de quiétude passager de Sandra.

Mon cousin est en garde à vue !

Soit le Scoop à S majuscule du jour, qui m'aura cueilli dès le saut du lit dans le bourdonnement mécanique du pressoir à oranges. 10h20, lendemain d'une nuit blanche pas très très blanche, aux relents de cigarette et de pulpe de fruits.
Je me résous jamais à refermer le canapé lit tout de suite après le départ des invités. C'est trop tentant de rester affalée là, sur l'ordi, à faire semblant de pas remarquer l'heure qui clignote sur la magnéto. 12h50, ton agenda déborde de devoirs et La Métamorphose t'appelle ma vieille. Oui ben, qu'elle attende.

La soirée aura assez mal démarré, dans le flot continu des embrouilles d'un père inquiet et de couvre feu. Moi, parfaitement inapte dans le rôle de médiatrice, je me la joue copine raisonnable et amie des parents. "Faites-moi confiance... On reste ensemble... Tout le monde dort à la maison... On reste pas tard... Vous pouvez même passer voir si tout va bien :)" (Ou pas.) Ma mère m'aurait-elle prêté un peu de sa maîtrise des situations à problème finalement ? Un coup de fil plus tard, conflit terminé, et roulez jeunesse \o/

Un appartement perché dans une résidence titanesque sur la rue Neuve Tolbiac (ou du moins c'est l'effet que donne le balcon de 17km²), huit clos de quelques heures avec 75% d'inconnus. Et pourtant je m'amuse. La place de DJ étant vacante en milieu de soirée, je m'y colle avec enthousiasme et perpétue le savoir merveilleux de ma super chorégraphie. Qui a dit que la culture Club Med ne servait à rien ? On se mélange pas trop, mais tout de même plus que ce que je n'oserais jamais avec des gens de ma classe. Jeu de gestes, pizza brûlante, de l'alcool pur à gerber, un punching ball, le chat enfermé dans la chambre, un peu de piano, et le flash qui veut jamais s'enclencher. Je commence un débriefing de Monet que je ne finis même pas, de peur de m'auto-gâcher le plaisir de ne plus y penser le temps d'un week end. (Et j'échoue.)
Au bout de quelques heures, les cendriers débordent et la DJ est en cours d'inspiration. Des gens partent, on suit le mouvement. Je repense à ma matinée qui semble remonter à plusieurs semaines, les cours interminables, le réveil à 6h40 que j'aurais bien éclaté contre le mur, et je rêve de mon lit. Pourtant, une fois chez moi, on bouffe du brownie et on se repasse de vieilles vidéos du Nouvel An.

Pensée pour Annie-France hier : "SO-CIA-BI-LI-SE-TOI !" Eh bien, il me semble que c'est ce que j'ai fait ! Ce que je retiendrais pourtant le plus, c'est le goûter de 2h00 dans mon salon, le canapé lit dans lequel je me prélasse encore, et les rire et conversations à demi réveillées du lendemain, alors que je me bagarrais avec un pressoir et une orange.

Midi et quelque, ma mère s'égosille toujours au téléphone, invoquant les droits des mineurs en garde à vue sous le regard anéanti de ma tante. Toute la famille s'appelle et y va de son commentaire sur le cas Raphaël. Les toasts m'ont coupé l'appétit, et j'ai un tas de déclinaisons à apprendre. Du mal à m'arracher à l'écran. Mais j'y vais. Weil ich so fleißig bin.

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 08:05

Modifié le lundi 09 novembre 2009 16:10

Vois comme je lutte, vois ce que je perds, en sang et en eau, en sang et en eau.

Carnaval géant dans le parc de Choisy pour la photo de classe.
"Ben, t'es pas déguisée ? :D" Back off Pikachu. Je suis sûre que vous allez croire que j'exagère en disant ça, mais c'est quand même énorme la manière qu'ont les gens de ne pas me REPONDRE, le peu de fois où j'essaye de communiquer avec eux. Je pense pas qu'ils m'entendent pas ni rien hein, je crois que c'est.. comme quand on pique nique en plein air, qu'on s'agace des fourmis qui nous grimpent dessus, et qu'après 2 ou 3 tentatives pour s'en débarrasser, on finit par s'en accommoder en les ignorant tout bêtement. C'est pas pour rien que j'ai rejoint le groupe Facebook "Je parle aux gens dans ma tête pour voir si je suis télépathe". Parfois, je jurerais les entendre conclure dans un accord muet "Si ça nous soûle de lui répondre, on a qu'à faire comme si elle avait rien dit oki ?" Enfin, je suppose que je fais aucun effort d'intégration aussi. J'aurais pas dû faire la rabat joie et me pointer en costume de Pokémon, au temps pour moi.

(Vous inquiétez pas pour le titre, je souffre pas à ce point là. Ou plutôt si, de dèche musicale, j'en suis à ma 4e écoute de Louis Garrel de la journée, mais bon sang toutes les paroles de ce film sont si FUCKIN' PARFAITES.)

PS : J'aime bien mes cheveux à la cam.

PPS : Si j'avais su que la nouvelle "Le chat noir" d'Edgar Poe parlait d'un chatounet tout mignon à qui on arrache l'oeil avec un canif et qu'on pend dans un jardin, j'aurais choisi de faire mon commentaire de texte sur Kafka.

# Posté le mardi 29 septembre 2009 16:04

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 11:17

It's not Barney Stinson singing this song... That would be really lame.

It's not Barney Stinson singing this song... That would be really lame.
Aujourd'hui, je vous donne 5 bonnes raisons d'aimer le Festiblog.

1- Les gens sont gentils.

Pas de surexcités des files d'attente de concerts, de grugeurs qui retrouvent des potes pour te passer devant, de gens énervés bruyants ou excités. Que des artistes aux cheveux bleus ou aux robes fleuries qui lisent gentiment, ou écoutent de la musique en dodelinant de la tête.

2- On bouffe gratuit.

16h, distribution de smoothie banane-coco-ananas. 16h30, fondants au chocolat. Et même pas besoin de se bouger pour jeter les restes à la poubelle après, c'est eux qui viennent avec le sac. Nice.

3- Y a de quoi s'occuper.

3 stands de bouquins et BD derrière, et pour les pauvres qui ont pas les moyens, y a même un mec chauve qui distribue des magazines gratis. Dobbeul nice.

4- FRODON.

Frodon qui va aux toilettes. Frodon qui va chercher des feuilles. Frodon avec une sucette. Frodon qui dessine des sandwich. Frodon qui dit "Pardon :)" avec ses yeux bleus. Frodon, étant un BG. (Beau Gosse ou Beau Gay, ça marche aussi...) Frodon qui pose sa tête sur l'épaule de Laurel. Ah, oui, y avait Laurel aussi.

Non sans rire. Laurel aussi est gorgeous. Laurel distribue des chocolats. (Oui elle aussi elle nous nourrit !) Laurel nous dessine en version améliorée, avec une maîtrise de de ouf en un quart de seconde. Laurel nous aura bouffé notre après midi avec son stand de 5 heures d'attente, mais elle le valait bien.
Et puis, évidemment, mettre un visage et une voix sur les traits des autres dessineux, même entraperçus, ça fait zizir.

Tout cela nous amenant au point 5.

5- Les dédis, c'est pas du foutage de gueule.

Des gens talentueux y en a plein, mais ceux qui l'exécutent à la perfection, sur commande et des heures de suite m'émerveilleront toujours. C'est comme demander à Willy Ronis de faire un Les amants de la Bastille toute les heures. Pas imaginable.

Au Festiti, c'est "Bonjour, qu'est ce que je vous dessine ? :)" et here they go. Et Sandra aime ça.

(au dessus, Annieti et moi par Laurel.)

# Posté le samedi 26 septembre 2009 16:16

Modifié le samedi 26 septembre 2009 18:14

Faudra me dire qui a lu cet article en entier un jour, que je lui donne un bonbon.

Presque un mois que j'ai laissé ce blog en plan, et je m'aperçois que j'ai pas des masses d'infos à rattraper, ce qui fait mal à mon égo de fille occupée. Enfin, quand même. Previously on ma vie, ou ce à quoi vous auriez virtuellement assisté si je n'avais pas stand-byisé Shoney aussi longtemps, tout de suite sans transition. (ou plutôt si.)

At the very first : Adaptation a lycée.

Je confonds plus les couloirs des sous sols d'SES ni les différents escaliers, ce qui est cool. La grande découverte, c'est que je n'ai plus à subir la foule compacte et puante de tabac pendant les récréations. Un bon vieux rebord de fenêtre dans un couloir du troisième avec un casque sur les oreilles, c'est très bien aussi. Sinon je me suis pas mal familiarisée avec le sol, au grand effroi des gens de ma classe. Mais l'inconvénient quand on joue aux clodos, et tout spécialement à l'heure de pointe, c'est qu'il y a toujours un risque de se recevoir une pièce de 10 centimes de la part d'une âme un peu trop charitable. True story.
A part çaaa, j'ai une carte de fidélité au Panini d'à côté - lieu de squat permanent des étudiants, ce qui prouve que j'apprivoise peu à peu ce petit morceau de quartier. Ca vaut pas le Starbucks, mais ma foi, le Panini Nut' est moins cher qu'au Grec du coin :) Y a aussi le parc de Choisy tout près, c'est appréciable pour les journées gruyère de l'emploi du temps. Quand on en fait le tour, on se rend compte qu'on est pas si loin de Place d'It' en fait. Ca me laisse l'occase de de traîner à la Fnac de temps en temps, picorer dans un sandwich Pomme de Pain, écouter les chansons d'un album au hasard en attendant de croiser JD dans un rayon. (Ceci est une référence subtile à cette scène de film, que je vous invite à voir si ce n'est déjà fait.) Mais tout ça, c'est pendant les trous hein bien sûr. A midi, je trace ma race pour faire l'aller retour jusqu'à chez moi pour cause de boycott de la cantine, et ça fait vraiment pas beaucoup de temps pour se poser. But I get used to it.

Pour ce qui est de mes profs, je connais à peu près tous les noms maintenant (eux ne peuvent pas en dire autant) et ai fini d'évaluer mes critères de génialité ou lourdité les concernant. Tout ça pour finalement en arriver à mon Top 3 des profs les plus cools ou tolérables, avec en première place, ma Prof de Français of course ; mais je dirais que c'est la spécialité qui veut ça. Comme je le disais à Annie, j'ai du mal à croire que quelqu'un qui enseigne le Français puisse être profondément mauvais, sec ou sans âme. C'est pas compatible avec les exigences de la matière. (Exception avec ma prof de 6e, spécimen bien particulier dont je laisse le soin à ses futurs élèves d'étudier plus en profondeur.) Pour ce qui est de la deuxième place, j'accorderais l'honneur à mon Prof d'SES : parce que ses cours me captivent étrangement, et il est le seul du bahut à gérer le style costard/Converses. Bon, je crois avoir fanfaronné auprès de suffisamment de gens pour ne pas repréciser qui il est, mais damn, je suis quand même toute chose de taper son nom sur Internet pour regarder les liens qui y sont associés. J'ai l'impression d'être la détentrice du secret de la double vie de Clark Kent. (Et, j'avoue, comme je suis une fayotte, j'ai rejoins son groupe Facebook. )
ENFIN, en troisième place du podium, j'appelle, faute de mieux ma prof d'anglais, qui m'est assez sympathique finalement. Et a surtout été la première au sein du lycée à avoir prononcé mon nom sans l'écorcher.

Allez, fin de l'inventaire. Je suppose que tout le monde bouffe assez de français/éco/anglais et tout le reste pendant la semaine pour ne pas m'entendre rabâcher sur mes propres cours ici, right ?

La véritable info importante, je vous la livre seulement maintenant (je sais, 99% des lecteurs de ce blog - c'est à dire 3 - sont déjà au courant, mais c'est pas une raison pour réprimer mon bonheur) : J'ai une carte imaginaire ! Ou plutôt, j'en aurai une bientôt, et c'est très excitant.

Deux ans que ma génitrice me refuse ce luxe intouchable, et aujourd'hui, ça y est. Formulaire tamponné, courrier envoyé, PLUS RIEN NE ME RESISTE. Dans quelques jours, je serai définitivement libre de toutes contraintes, des "J'peux pas, j'ai pas de tickets..." ou "Wow, superbe ce billet de 10 flambant neuf dans mon porte monnaie, dommage qu'il faille le dépenser pour UNE DIZAINE DE BOUTS DE CARTONS VIOLETS QU'AUCUN CONTROLEUR NE VIENT JAMAIS VERIFIER. :D" Ouais officiellement les tickets parisiens sont plus violets, mais moi je vis dans le passé, et en plus j'aimais bien...

Et, puisque je suis passée dans un mood euphorique, autant poursuivre tout de suite avec les joyeuses nouvelles : Demain, WEEK END.... ! Ce qui est déjà une great news en soi, je vous l'accorde, mais surtout, c'est LE week end de mon baptême de Festiblog, ce qui me réjouit d'avance.
En fait, le fait d'avoir cours le samedi matin me rend super fébrile à l'idée d'employer mon half week end à quelque chose de décevant. Et si je dis half week end, c'est parce que je considère que le dimanche, ça compte pas hein. Y a que le cinéma d'ouvert, ou à la limite le Video Futur pour me sauver.

Y a 15 jours, y a bien eu la fête de l'Huma : cool et convivial as it should be. Une traversée de la Courneuve sous un soleil qui tape, les doigts croisés, priant pour qu'Aurélien puisse "se serrer son mec". Gemma et son débardeur assorti à ses yeux verts. Les premiers rangs de la Grande Scène, avec la poussière, le jet d'eau, le type au sombrero "Tu veux qu'on se revoit ?" - et que je reverrai jamais, les danses du bassin de Hugo et son pote Bordelais dont j'ai jamais su le nom, "Nous irons vivreuh libreuh dans un pays sauvage...", "I wanna fuck with Madonna, ouhouhou", "- I MAY SAY IT WAS YOUR FAULT... - Nan pas la mienne nan", les rdv manqués devant le stand à capotes. Un retour difficile, certes (prenez environ 600 personnes qui se sont mises en tête de prendre la même navette au même moment, avec comme heure butoire, la très redoutée fermeture des métros, et voyez ce que ça donne), des courbatures partout et la voix cassée, mais j'ai décrété que ça valait le coup. J'aime les journées comme ça dont l'aura positive arrive à déteindre sur plusieurs jours. Ca fait sentir aérien, tanné, revigoré, mais surtout vivant. (J'ai mal aux lombaires donc j'existe, mon nouveau crédo.)

Et puis après, la semaine recommence, les journées se découpent en Métro (bus 62, en réalité) Boulot (Oh ouiii parlez moi des cellules chlorophylliennes Mme Kadri !) Dodo (insomnie 3 jours de suite, saleté de moustique). Et les tuiles s'enchaînent.
Un MP3 dans la tombe, une montre arrêtée.

(D'ailleurs, INTERLUDE MONTRE, puisque j'aborde le sujet. Suis-je vraiment la seule à voir la dysfonction d'une montre comme la Terre s'arrêtant de tourner ? Mis à part le fait que je suis rongée par le stress si je peux pas jeter un coup d'oeil à ma montre au moins une fois par heure, je me rends compte que j'ai une vision super mystifiée du temps, en fait. Je vois ça comme le grand Intouchable de l'univers ; j'en oublierais presque que c'est l'Humain qui l'a "créé" - ou défini du moins. Honnêtement, lire une heure totalement erronée sur une montre, c'est pas la chose la plus déroutante du monde ? Moi, je me sens comme lâchée dans un espace temps indéfinissable, sans aucun repère.
Après avoir partagé mon désarroi avec ma mère l'autre jour, au bord de la crise de nerfs, j'ai cru rêver lorsqu'elle m'a répondu "Boh, ça fait rien, on va remplacer la pile." UNE PILE. C'est tout. J'ai ressenti ce même sentiment de trahison le jour où j'ai appris que les changements d'heures été/hiver n'avaient jamais été le fruit d'une fantaisie inexpliquée de l'univers - rapport compliqué avec le Soleil, les planètes, les fuseaux horaires, quelque chose comme ça quoi - , mais provenaient tout simplement d'un souci d'économie de l'électricité en 1975, suite auquel l'Elysée déclara : "On a qu'à reculer et avancer d'une heure une fois par an." EUH OUI D'ACCORD, RIEN QUE CA. Et après on parle de l'abus de pouvoir de Sarkozy ??? Malheur à celui qui joue avec le temps, dirait Hermione Granger. And I just couldn't say it betta. FIN DE L'INTERLUDE MA MONTRE.)

BREF, au milieu de tout ce désespoir et ces réflexions profondes (auquel j'ajoute une affreuse brûlure à l'avant bras dimanche dernier qui risque de me laisser une cicatrice à vie), petit pic de satisfaction en fin de semaine : Little Joannette dans son trench beige, à la sortie du lycée. Une lumière dans l'errance obscure de mes journées. (C'est beau hein ? Même après 22h il m'arrive de me sentir poète.)

Je dois dire que si je devais tirer une chose positive de notre dispatchage scolaire, avec Jo-Miléna-Annie, c'est qu'on apprécie encore plus de se voir et on y met un peu plus les formes. Enfin en tout cas, moi oui. J'aime me bringuebaler jusqu'à Corvisart, descendre la rue en cherchant la fille aux Docs England et à la montre à gousset autour du cou, dire bonjour aux gens, m'excuser de pas avoir de cigarettes, traîner au milieu des semi inconnus, reprendre un métro, direction République. Retrouver Miléna et son lycée aux égouts pestilentiels, Tati à la sortie de métro, la police cool sur l'enceinte "Lycée Turgot." Escorter Jo jusqu'à l'école des enfants qu'elle babysitte et manger des Carambars avec elle sur le parvis du MK2. Et surtout, j'aime me connecter le soir, expirer le surplus de ma claustrophobie-lycée qui menaçait de déborder, et les entendre raconter leur journée. Ou raconter la mienne après tout, même si moi, c'est inévitable, je finis par me plaindre.

Parce que, je sais pas si vous vous êtes rendu compte, j'aime bien raconter :)

# Posté le vendredi 25 septembre 2009 16:22

Modifié le samedi 07 novembre 2009 16:27